Bantu Gazette

Bantu Gazette
  • Energy & Trade
  • Finance
  • Health
  • Politics & Economy
  • Technology
  • Environment
  • Feature
  • Opinion
  • Changemakers
  • Tourism & Culture
  • Sports
  • Magazine
Menu
  • Black Frame Studio
  • Magazine

Les écoles africaines se préparent à la révolution de l’intelligence artificielle

L’essor de l’IA bon marché en Afrique transforme l’éducation, malgré des défis d’accès et des risques de biais.

Bantu Gazetteby Bantu Gazette
February 5, 2025
Reading Time: 6 mins read

Les écoles africaines se préparent à la révolution de l’intelligence artificielle

L’essor de l’IA bon marché en Afrique transforme l’éducation, malgré des défis d’accès et des risques de biais.

Bantu Gazetteby Bantu Gazette
December 17, 2025
Reading Time: 6 mins read

DAKAR, Sénégal (BG) – La disponibilité croissante d’outils à faible coût fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle suscite un intérêt croissant des gouvernements et des entrepreneurs africains désireux de développer des solutions numériques locales pour améliorer l’éducation.

L’émergence d’outils d’IA bon marché ou gratuits est accueillie avec enthousiasme par ceux qui possèdent des smartphones et la possibilité de se connecter à l’Internet.

Alors que les gouvernements et les législateurs s’efforcent de comprendre les implications de cette puissante technologie et de déterminer comment mettre en place des réglementations pour son utilisation en toute sécurité, des millions de personnes profitent de sa capacité à gagner du temps, en les aidant à transformer des données brutes en dissertations, en réponses d’examens ou, avec un peu plus de travail, même en vidéos et en podcasts.

Même dans les pays en développement où l’accès à l’électricité et à l’Internet est limité (on estime que plus de 570 millions de personnes en Afrique n’ont pas d’électricité), le potentiel de l’IA suscite l’enthousiasme.

En République démocratique du Congo (RDC), par exemple, un pays déchiré par un conflit dans sa partie orientale, la pauvreté et de vastes inégalités, les enseignants constatent l’impact de l’IA.

« Il est évident que notre pays est en retard sur le plan des nouvelles technologies pour une raison ou une autre », déclare Benjamin Sivanzire, enseignant dans le secondaire à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans un entretien accordé à George Musubao, correspondant d’ONU Info dans l’est de la RDC. « De nombreuses régions de la RDC ne disposent même pas de moyens de communication traditionnels, ni même de radio ou de télévision ».

Le paradoxe est que la République démocratique du Congo est riche en minerais utilisés dans de nombreuses nouvelles technologies.

UN News/George Musubao Benjamin Sivanzire est enseignant à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.
UN News/George Musubao Benjamin Sivanzire est enseignant à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cependant, même si M. Sivanzire et ses élèves ne sont pas encore capables d’utiliser l’IA dans leurs cours, ils la voient être utilisée dans la culture au sens large, souvent de manière négative, pour manipuler l’opinion publique.

« Les parties en conflit utilisent l’intelligence artificielle pour désorienter l’opinion », déplore Benjamin Sivanzire.

Le professeur souligne l’importance d’éduquer les gens à faire la différence entre les informations vérifiables et les mensonges. « Il y a des images créées par l’intelligence artificielle (…) qui ne sont pas réelles mais sont créées à des fins de propagande », explique-t-il. « Nous sensibilisons les gens à la vérification ». 

L’éclatement de la bulle de la Silicon Valley

L’une des préoccupations fréquemment soulevées est la concentration du développement des outils d’IA entre les mains d’un groupe relativement restreint de personnes.

Farida Shahid, la Rapporteure spéciale indépendante sur le droit à l’éducation, partage ces inquiétudes.

« Les algorithmes d’IA sont créés par des individus qui se trouvent souvent dans un lieu particulier, comme la Silicon Valley, où les personnes qui les créent et les testent ont leurs propres préjugés », explique-t-elle. « Souvent, les algorithmes ne parviennent pas à reconnaître les personnes à la peau foncée. Ils ont également de gros problèmes avec les personnes autistes qui n’aiment pas regarder les caméras ».

« Un autre exemple est celui du Royaume-Uni, où, récemment, un programme d’IA a été utilisé pour noter des copies d’examen. Cela a conduit à des décisions biaisées à l’encontre des personnes de certaines origines ethniques. Nous devons vraiment examiner cette question de plus près, en commençant par la perspective des droits de l’homme, et je pense que c’est là qu’intervient le rôle de l’ONU : si vous vous appuyez de plus en plus sur l’IA comme source de vérification, vous allez avoir des problèmes parce que vous utilisez un cadre qui privilégie les hommes blancs et ne reflète pas toute la gamme des vies et des expériences des gens », a-t-elle ajouté.

Photo : ©UNICEF/ Frank Dejongh Une jeune fille étudie en ligne chez elle à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
Photo : ©UNICEF/ Frank Dejongh Une jeune fille étudie en ligne chez elle à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le besoin urgent d’élargir la base de talents des développeurs a été identifié par l’ONU comme étant essentiel pour garantir qu’une grande variété de voix soient entendues dans l’espace « EdTech » (technologie éducative).

Shafika Isaacs, responsable de la technologie et de l’IA à l’agence des Nations Unies pour la science, la technologie et l’éducation (UNESCO), affirme que le nombre de startups africaines EdTech a explosé ces dernières années, les entrepreneurs expérimentant des outils numériques basés sur l’IA qui pourraient soutenir l’apprentissage et l’enseignement dans de nombreux contextes différents, y compris dans les langues africaines et les dialectes locaux.

« J’ai personnellement collaboré avec une startup qui associe des lycéens à des parcours professionnels, notamment en choisissant la bonne université, le bon collège communautaire ou même le bon programme d’entrepreneuriat. Elles ont obtenu de bons résultats en raison de leur concentration sur les enfants des contextes et des écoles défavorisés. Les startups technologiques ont également envisagé de développer des applications mobiles basées sur l’IA, notamment des chatbots, qui peuvent aider les enseignants à enseigner la lecture et l’écriture ou les mathématiques », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Isaacs, « le défi est qu’il existe souvent un décalage entre le système éducatif public et les startups technologiques. Nous avons besoin que les éducateurs soient proactifs dans leur engagement avec ceux qui développent des outils, et nous encourageons les étudiants et les enseignants à apprendre à créer et à concevoir des technologies adaptées à leurs contextes linguistiques et culturels ».

De nombreux gouvernements africains souhaitent adopter des stratégies nationales d’IA et intégrer l’IA dans leurs politiques nationales sur les technologies dans l’éducation. En Côte d’Ivoire, où l’IA est déjà largement utilisée dans le secteur privé, Mariatou Koné, la ministre de l’Éducation, déclare que le système éducatif du pays est en pleine transformation, suite à une évaluation de 2022 qui a recommandé une stratégie de numérisation.

« Nous avons mis en place des initiatives pour garantir que tout le monde soit conscient de la question de l’IA. Elle peut fournir des programmes d’apprentissage individuels et aider les élèves en difficulté à s’améliorer », a souligné Mme Koné. « Nous sommes toutefois inquiets des dérives potentielles. Nous devons être capables de protéger les données personnelles et de veiller à ce que les apprenants soient conscients des dangers potentiels ».

La ministre convient que, pour se prémunir contre les biais, il faut élargir le vivier d’ingénieurs qui construisent des outils d’IA : « Nous avons besoin des bons outils, adaptés au contexte africain, au contexte ivoirien. Nous avons notre propre histoire, notre propre patrimoine. Si nous créons notre propre industrie, il faut qu’elle soit adaptée aux réalités de la Côte d’Ivoire ».

UN NEWS

Get the inside Story

Stay informed on the stories shaping Africa’s future. Get breaking news, in-depth analysis, opinions and exclusive insights from across the continent delivered to your inbox, free and unfiltered.


Get in touch for more:
Felix Tih
Editorial Director, Bantu Gazette
WhatsApp
LinkedIn
X (Twitter)
Instagram

Related Posts

Nigeria Awards ₦2.5 Billion in Grants to 45 Student Ventures
Technology

Nigeria Awards ₦2.5 Billion in Grants to 45 Student Ventures

April 1, 2026
African Leaders Urged to Accelerate Use of Technology for Growth
Technology

African Leaders Urged to Accelerate Use of Technology for Growth

March 29, 2026
Senegal Launches Flagship Digital Projects Under its National Technology Program
Technology

Senegal Launches Flagship Digital Projects Under its National Technology Program

March 25, 2026
AI Expansion Targets Health and Education Systems in Rwanda
Technology

AI Expansion Targets Health and Education Systems in Rwanda

March 4, 2026
Google Launches WAXAL Open Dataset for 21 African Languages
Technology

Google Launches WAXAL Open Dataset for 21 African Languages

February 12, 2026
Rwanda Puts Technology at Core of Development, Minister Says
Technology

Rwanda Puts Technology at Core of Development, Minister Says

January 31, 2026

Most Recent

Cameroon Far North Jobs Program Moves to Deployment
Politics & Economy

Cameroon Far North Jobs Program Moves to Deployment

by Marina Bisse
April 6, 2026
0

The African Development Bank’s $156.6 million jobs program in Cameroon’s Far North region has moved from launch to field deployment,...

Read moreDetails
Tunisia Plans Trans-Saharan Land Corridor to Open Sahel Trade Routes

Tunisia Plans Trans-Saharan Land Corridor to Open Sahel Trade Routes

April 5, 2026
Ghana Introduces Free Visa for All African Travelers Starting May 25

Ghana Introduces Free Visa for All African Travelers Starting May 25

April 3, 2026
Burkina Faso Patriotic Fund Raises $828 million in 3 Years, Surpassing Target

Burkina Faso Patriotic Fund Raises $828 million in 3 Years, Surpassing Target

April 3, 2026
African Leaders Must Rewire Their Strategic Thinking to Unlock AfCFTA’s Full Potential

African Leaders Must Rewire Their Strategic Thinking to Unlock AfCFTA’s Full Potential

April 2, 2026
Pan-African University Graduates 76 Scientists From 37 Nations in Tlemcen Ceremony

Pan-African University Graduates 76 Scientists From 37 Nations in Tlemcen Ceremony

April 2, 2026
Africa Sends Record 10 Nations to 2026 FIFA World Cup

Africa Sends Record 10 Nations to 2026 FIFA World Cup

April 1, 2026
Cameroon Far North Jobs Program Moves to Deployment
Politics & Economy

Cameroon Far North Jobs Program Moves to Deployment

by Marina Bisse
Reading Time: 1 min read
April 6, 2026
0

The African Development Bank’s $156.6 million jobs program in Cameroon’s Far North region has moved from launch to field deployment,...

Read moreDetails
Tunisia Plans Trans-Saharan Land Corridor to Open Sahel Trade Routes
Energy & Trade

Tunisia Plans Trans-Saharan Land Corridor to Open Sahel Trade Routes

by Samira Benhadda
Reading Time: 1 min read
April 5, 2026
0

Tunisia is developing a continental land corridor to connect its northern coast to sub-Saharan Africa, Trade and Export Development Minister...

Read moreDetails
Ghana Introduces Free Visa for All African Travelers Starting May 25
Politics & Economy

Ghana Introduces Free Visa for All African Travelers Starting May 25

by Cynthia N. Ganchok
Reading Time: 1 min read
April 3, 2026
0

Ghana will remove visa requirements for all African travelers starting May 25, 2026, President John Dramani Mahama announced, making the...

Read moreDetails

Les écoles africaines se préparent à la révolution de l’intelligence artificielle

L’essor de l’IA bon marché en Afrique transforme l’éducation, malgré des défis d’accès et des risques de biais.

DAKAR, Sénégal (BG) – La disponibilité croissante d’outils à faible coût fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle suscite un intérêt croissant des gouvernements et des entrepreneurs africains désireux de développer des solutions numériques locales pour améliorer l’éducation.

L’émergence d’outils d’IA bon marché ou gratuits est accueillie avec enthousiasme par ceux qui possèdent des smartphones et la possibilité de se connecter à l’Internet.

Alors que les gouvernements et les législateurs s’efforcent de comprendre les implications de cette puissante technologie et de déterminer comment mettre en place des réglementations pour son utilisation en toute sécurité, des millions de personnes profitent de sa capacité à gagner du temps, en les aidant à transformer des données brutes en dissertations, en réponses d’examens ou, avec un peu plus de travail, même en vidéos et en podcasts.

Même dans les pays en développement où l’accès à l’électricité et à l’Internet est limité (on estime que plus de 570 millions de personnes en Afrique n’ont pas d’électricité), le potentiel de l’IA suscite l’enthousiasme.

En République démocratique du Congo (RDC), par exemple, un pays déchiré par un conflit dans sa partie orientale, la pauvreté et de vastes inégalités, les enseignants constatent l’impact de l’IA.

« Il est évident que notre pays est en retard sur le plan des nouvelles technologies pour une raison ou une autre », déclare Benjamin Sivanzire, enseignant dans le secondaire à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans un entretien accordé à George Musubao, correspondant d’ONU Info dans l’est de la RDC. « De nombreuses régions de la RDC ne disposent même pas de moyens de communication traditionnels, ni même de radio ou de télévision ».

Le paradoxe est que la République démocratique du Congo est riche en minerais utilisés dans de nombreuses nouvelles technologies.

UN News/George Musubao Benjamin Sivanzire est enseignant à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.
UN News/George Musubao Benjamin Sivanzire est enseignant à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cependant, même si M. Sivanzire et ses élèves ne sont pas encore capables d’utiliser l’IA dans leurs cours, ils la voient être utilisée dans la culture au sens large, souvent de manière négative, pour manipuler l’opinion publique.

« Les parties en conflit utilisent l’intelligence artificielle pour désorienter l’opinion », déplore Benjamin Sivanzire.

Le professeur souligne l’importance d’éduquer les gens à faire la différence entre les informations vérifiables et les mensonges. « Il y a des images créées par l’intelligence artificielle (…) qui ne sont pas réelles mais sont créées à des fins de propagande », explique-t-il. « Nous sensibilisons les gens à la vérification ». 

L’éclatement de la bulle de la Silicon Valley

L’une des préoccupations fréquemment soulevées est la concentration du développement des outils d’IA entre les mains d’un groupe relativement restreint de personnes.

Farida Shahid, la Rapporteure spéciale indépendante sur le droit à l’éducation, partage ces inquiétudes.

« Les algorithmes d’IA sont créés par des individus qui se trouvent souvent dans un lieu particulier, comme la Silicon Valley, où les personnes qui les créent et les testent ont leurs propres préjugés », explique-t-elle. « Souvent, les algorithmes ne parviennent pas à reconnaître les personnes à la peau foncée. Ils ont également de gros problèmes avec les personnes autistes qui n’aiment pas regarder les caméras ».

« Un autre exemple est celui du Royaume-Uni, où, récemment, un programme d’IA a été utilisé pour noter des copies d’examen. Cela a conduit à des décisions biaisées à l’encontre des personnes de certaines origines ethniques. Nous devons vraiment examiner cette question de plus près, en commençant par la perspective des droits de l’homme, et je pense que c’est là qu’intervient le rôle de l’ONU : si vous vous appuyez de plus en plus sur l’IA comme source de vérification, vous allez avoir des problèmes parce que vous utilisez un cadre qui privilégie les hommes blancs et ne reflète pas toute la gamme des vies et des expériences des gens », a-t-elle ajouté.

Photo : ©UNICEF/ Frank Dejongh Une jeune fille étudie en ligne chez elle à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
Photo : ©UNICEF/ Frank Dejongh Une jeune fille étudie en ligne chez elle à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le besoin urgent d’élargir la base de talents des développeurs a été identifié par l’ONU comme étant essentiel pour garantir qu’une grande variété de voix soient entendues dans l’espace « EdTech » (technologie éducative).

Shafika Isaacs, responsable de la technologie et de l’IA à l’agence des Nations Unies pour la science, la technologie et l’éducation (UNESCO), affirme que le nombre de startups africaines EdTech a explosé ces dernières années, les entrepreneurs expérimentant des outils numériques basés sur l’IA qui pourraient soutenir l’apprentissage et l’enseignement dans de nombreux contextes différents, y compris dans les langues africaines et les dialectes locaux.

« J’ai personnellement collaboré avec une startup qui associe des lycéens à des parcours professionnels, notamment en choisissant la bonne université, le bon collège communautaire ou même le bon programme d’entrepreneuriat. Elles ont obtenu de bons résultats en raison de leur concentration sur les enfants des contextes et des écoles défavorisés. Les startups technologiques ont également envisagé de développer des applications mobiles basées sur l’IA, notamment des chatbots, qui peuvent aider les enseignants à enseigner la lecture et l’écriture ou les mathématiques », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Isaacs, « le défi est qu’il existe souvent un décalage entre le système éducatif public et les startups technologiques. Nous avons besoin que les éducateurs soient proactifs dans leur engagement avec ceux qui développent des outils, et nous encourageons les étudiants et les enseignants à apprendre à créer et à concevoir des technologies adaptées à leurs contextes linguistiques et culturels ».

De nombreux gouvernements africains souhaitent adopter des stratégies nationales d’IA et intégrer l’IA dans leurs politiques nationales sur les technologies dans l’éducation. En Côte d’Ivoire, où l’IA est déjà largement utilisée dans le secteur privé, Mariatou Koné, la ministre de l’Éducation, déclare que le système éducatif du pays est en pleine transformation, suite à une évaluation de 2022 qui a recommandé une stratégie de numérisation.

« Nous avons mis en place des initiatives pour garantir que tout le monde soit conscient de la question de l’IA. Elle peut fournir des programmes d’apprentissage individuels et aider les élèves en difficulté à s’améliorer », a souligné Mme Koné. « Nous sommes toutefois inquiets des dérives potentielles. Nous devons être capables de protéger les données personnelles et de veiller à ce que les apprenants soient conscients des dangers potentiels ».

La ministre convient que, pour se prémunir contre les biais, il faut élargir le vivier d’ingénieurs qui construisent des outils d’IA : « Nous avons besoin des bons outils, adaptés au contexte africain, au contexte ivoirien. Nous avons notre propre histoire, notre propre patrimoine. Si nous créons notre propre industrie, il faut qu’elle soit adaptée aux réalités de la Côte d’Ivoire ».

UN NEWS

Les écoles africaines se préparent à la révolution de l’intelligence artificielle

L’essor de l’IA bon marché en Afrique transforme l’éducation, malgré des défis d’accès et des risques de biais.

Bantu Gazetteby Bantu Gazette
February 5, 2025

DAKAR, Sénégal (BG) – La disponibilité croissante d’outils à faible coût fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle suscite un intérêt croissant des gouvernements et des entrepreneurs africains désireux de développer des solutions numériques locales pour améliorer l’éducation.

L’émergence d’outils d’IA bon marché ou gratuits est accueillie avec enthousiasme par ceux qui possèdent des smartphones et la possibilité de se connecter à l’Internet.

Alors que les gouvernements et les législateurs s’efforcent de comprendre les implications de cette puissante technologie et de déterminer comment mettre en place des réglementations pour son utilisation en toute sécurité, des millions de personnes profitent de sa capacité à gagner du temps, en les aidant à transformer des données brutes en dissertations, en réponses d’examens ou, avec un peu plus de travail, même en vidéos et en podcasts.

Même dans les pays en développement où l’accès à l’électricité et à l’Internet est limité (on estime que plus de 570 millions de personnes en Afrique n’ont pas d’électricité), le potentiel de l’IA suscite l’enthousiasme.

En République démocratique du Congo (RDC), par exemple, un pays déchiré par un conflit dans sa partie orientale, la pauvreté et de vastes inégalités, les enseignants constatent l’impact de l’IA.

« Il est évident que notre pays est en retard sur le plan des nouvelles technologies pour une raison ou une autre », déclare Benjamin Sivanzire, enseignant dans le secondaire à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans un entretien accordé à George Musubao, correspondant d’ONU Info dans l’est de la RDC. « De nombreuses régions de la RDC ne disposent même pas de moyens de communication traditionnels, ni même de radio ou de télévision ».

Le paradoxe est que la République démocratique du Congo est riche en minerais utilisés dans de nombreuses nouvelles technologies.

UN News/George Musubao Benjamin Sivanzire est enseignant à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.
UN News/George Musubao Benjamin Sivanzire est enseignant à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cependant, même si M. Sivanzire et ses élèves ne sont pas encore capables d’utiliser l’IA dans leurs cours, ils la voient être utilisée dans la culture au sens large, souvent de manière négative, pour manipuler l’opinion publique.

« Les parties en conflit utilisent l’intelligence artificielle pour désorienter l’opinion », déplore Benjamin Sivanzire.

Le professeur souligne l’importance d’éduquer les gens à faire la différence entre les informations vérifiables et les mensonges. « Il y a des images créées par l’intelligence artificielle (…) qui ne sont pas réelles mais sont créées à des fins de propagande », explique-t-il. « Nous sensibilisons les gens à la vérification ». 

L’éclatement de la bulle de la Silicon Valley

L’une des préoccupations fréquemment soulevées est la concentration du développement des outils d’IA entre les mains d’un groupe relativement restreint de personnes.

Farida Shahid, la Rapporteure spéciale indépendante sur le droit à l’éducation, partage ces inquiétudes.

« Les algorithmes d’IA sont créés par des individus qui se trouvent souvent dans un lieu particulier, comme la Silicon Valley, où les personnes qui les créent et les testent ont leurs propres préjugés », explique-t-elle. « Souvent, les algorithmes ne parviennent pas à reconnaître les personnes à la peau foncée. Ils ont également de gros problèmes avec les personnes autistes qui n’aiment pas regarder les caméras ».

« Un autre exemple est celui du Royaume-Uni, où, récemment, un programme d’IA a été utilisé pour noter des copies d’examen. Cela a conduit à des décisions biaisées à l’encontre des personnes de certaines origines ethniques. Nous devons vraiment examiner cette question de plus près, en commençant par la perspective des droits de l’homme, et je pense que c’est là qu’intervient le rôle de l’ONU : si vous vous appuyez de plus en plus sur l’IA comme source de vérification, vous allez avoir des problèmes parce que vous utilisez un cadre qui privilégie les hommes blancs et ne reflète pas toute la gamme des vies et des expériences des gens », a-t-elle ajouté.

Photo : ©UNICEF/ Frank Dejongh Une jeune fille étudie en ligne chez elle à Abidjan, en Côte d'Ivoire.
Photo : ©UNICEF/ Frank Dejongh Une jeune fille étudie en ligne chez elle à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le besoin urgent d’élargir la base de talents des développeurs a été identifié par l’ONU comme étant essentiel pour garantir qu’une grande variété de voix soient entendues dans l’espace « EdTech » (technologie éducative).

Shafika Isaacs, responsable de la technologie et de l’IA à l’agence des Nations Unies pour la science, la technologie et l’éducation (UNESCO), affirme que le nombre de startups africaines EdTech a explosé ces dernières années, les entrepreneurs expérimentant des outils numériques basés sur l’IA qui pourraient soutenir l’apprentissage et l’enseignement dans de nombreux contextes différents, y compris dans les langues africaines et les dialectes locaux.

« J’ai personnellement collaboré avec une startup qui associe des lycéens à des parcours professionnels, notamment en choisissant la bonne université, le bon collège communautaire ou même le bon programme d’entrepreneuriat. Elles ont obtenu de bons résultats en raison de leur concentration sur les enfants des contextes et des écoles défavorisés. Les startups technologiques ont également envisagé de développer des applications mobiles basées sur l’IA, notamment des chatbots, qui peuvent aider les enseignants à enseigner la lecture et l’écriture ou les mathématiques », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Isaacs, « le défi est qu’il existe souvent un décalage entre le système éducatif public et les startups technologiques. Nous avons besoin que les éducateurs soient proactifs dans leur engagement avec ceux qui développent des outils, et nous encourageons les étudiants et les enseignants à apprendre à créer et à concevoir des technologies adaptées à leurs contextes linguistiques et culturels ».

De nombreux gouvernements africains souhaitent adopter des stratégies nationales d’IA et intégrer l’IA dans leurs politiques nationales sur les technologies dans l’éducation. En Côte d’Ivoire, où l’IA est déjà largement utilisée dans le secteur privé, Mariatou Koné, la ministre de l’Éducation, déclare que le système éducatif du pays est en pleine transformation, suite à une évaluation de 2022 qui a recommandé une stratégie de numérisation.

« Nous avons mis en place des initiatives pour garantir que tout le monde soit conscient de la question de l’IA. Elle peut fournir des programmes d’apprentissage individuels et aider les élèves en difficulté à s’améliorer », a souligné Mme Koné. « Nous sommes toutefois inquiets des dérives potentielles. Nous devons être capables de protéger les données personnelles et de veiller à ce que les apprenants soient conscients des dangers potentiels ».

La ministre convient que, pour se prémunir contre les biais, il faut élargir le vivier d’ingénieurs qui construisent des outils d’IA : « Nous avons besoin des bons outils, adaptés au contexte africain, au contexte ivoirien. Nous avons notre propre histoire, notre propre patrimoine. Si nous créons notre propre industrie, il faut qu’elle soit adaptée aux réalités de la Côte d’Ivoire ».

UN NEWS

Get the inside Story

Stay informed on the stories shaping Africa’s future. Get breaking news, in-depth analysis, opinions and exclusive insights from across the continent delivered to your inbox, free and unfiltered.


Get in touch for more:
Felix Tih
Editorial Director, Bantu Gazette
WhatsApp
LinkedIn
X (Twitter)
Instagram

Related Posts

Nigeria Awards ₦2.5 Billion in Grants to 45 Student Ventures

Nigeria Awards ₦2.5 Billion in Grants to 45 Student Ventures

by Cynthia N. Ganchok
April 1, 2026
0

...

African Leaders Urged to Accelerate Use of Technology for Growth

African Leaders Urged to Accelerate Use of Technology for Growth

by Samira Benhadda
March 29, 2026
0

...

Senegal Launches Flagship Digital Projects Under its National Technology Program

Senegal Launches Flagship Digital Projects Under its National Technology Program

by Aissatou Fall
March 25, 2026
0

...

AI Expansion Targets Health and Education Systems in Rwanda

AI Expansion Targets Health and Education Systems in Rwanda

by Jane Mukami
February 23, 2026
0

...

Google Launches WAXAL Open Dataset for 21 African Languages

Google Launches WAXAL Open Dataset for 21 African Languages

by Felix Tih
February 2, 2026
0

...

Rwanda Puts Technology at Core of Development, Minister Says

Rwanda Puts Technology at Core of Development, Minister Says

by Amani Mwakalebela
January 23, 2026
0

...

Cameroon Far North Jobs Program Moves to Deployment
Politics & Economy

Cameroon Far North Jobs Program Moves to Deployment

by Marina Bisse
Reading Time: 1 min read
April 6, 2026
0

The African Development Bank’s $156.6 million jobs program in Cameroon’s Far North region has moved from launch to field deployment,...

Read moreDetails
Tunisia Plans Trans-Saharan Land Corridor to Open Sahel Trade Routes

Tunisia Plans Trans-Saharan Land Corridor to Open Sahel Trade Routes

by Samira Benhadda
April 5, 2026
0

Tunisia is developing a continental land corridor to connect its northern coast to sub-Saharan Africa, Trade and Export Development Minister...

Ghana Introduces Free Visa for All African Travelers Starting May 25

Ghana Introduces Free Visa for All African Travelers Starting May 25

by Cynthia N. Ganchok
April 3, 2026
0

Ghana will remove visa requirements for all African travelers starting May 25, 2026, President John Dramani Mahama announced, making the...

Burkina Faso Patriotic Fund Raises $828 million in 3 Years, Surpassing Target

Burkina Faso Patriotic Fund Raises $828 million in 3 Years, Surpassing Target

by Aissatou Fall
April 3, 2026
0

Burkina Faso's Patriotic Support Fund mobilized 496.97 billion FCFA ($828 million) between 2023 and 2025, exceeding its 400 billion FCFA...

African Leaders Must Rewire Their Strategic Thinking to Unlock AfCFTA’s Full Potential

African Leaders Must Rewire Their Strategic Thinking to Unlock AfCFTA’s Full Potential

by Monica Brown
April 2, 2026
0

The numbers make the case for African economic integration better than any political speech can. Full implementation of the African...

Next Post
Morocco launches AI initiative to empower 1,000 SMEs

Morocco launches AI initiative to empower 1,000 SMEs

Célestin Tawamba, Président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM)

L'Afrique doit écrire son propre narratif, plaide l’homme d’affaires Célestin Tawamba

Senegal's President Bassirou Diomaye Faye

Senegal’s Leader Vows Education Reform, Emphasizes Role of Teachers

Africa CDC Reaffirms Commitment to Boost Health Security, Vaccine Manufacturing

Africa CDC Reaffirms Commitment to Boost Health Security, Vaccine Manufacturing

Bantu Gazette is a pioneering news platform that champions Africa's development, culture, and heritage. We spotlight the continent's successes, address its challenges, and provide insightful coverage of events that shape its future.

Bantu Gazette is a pioneering news platform that champions Africa's development, culture, and heritage. We spotlight the continent's successes, address its challenges, and provide insightful coverage of events that shape its future.

Our Platforms

  • Bantu Magazine
  • Bantu Brief
  • Black Frame Studio

Our Services

  • Bantu Agency
  • Advertise
  • Partnerships

Our Services

  • Editorial Director
  • Opportunities
  • Contact

Bantu Gazette is a pioneering news platform that champions Africa's development, culture, and heritage. We spotlight the continent's successes, address its challenges, and provide insightful coverage of events that shape its future.

Our Platforms

  • Bantu Magazine
  • Bantu Brief
  • Black Frame Studio

Our Services

  • Bantu Agency
  • Advertise
  • Partnerships

Our Services

  • Editorial Director
  • Opportunities
  • Contact
Bantu Gazette
  • Energy & Trade
  • Finance
  • Health
  • Politics & Economy
  • Technology
  • Environment
  • Feature
  • Opinion
  • Changemakers
  • Tourism & Culture
  • Magazine