Les réformes du secteur public ne dépendent pas uniquement de la qualité des politiques ou de l’expertise technique. Leur réussite repose également sur la capacité des responsables à mobiliser leurs équipes, gérer le changement et créer des collaborations durables.
C’est l’un des principaux enseignements d’un webinaire organisé par la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) le 3 septembre 2026 autour du programme Leadership Excellence in Africa’s Public Sector (LEAPS).
« Les systèmes ne se réforment pas eux-mêmes. Les budgets ne s’exécutent pas eux-mêmes. Les plateformes numériques ne transforment pas les institutions par elles-mêmes », a déclaré Mamadou Biteye, secrétaire exécutif de l’ACBF. « Ce sont les personnes qui le font. »
Adil Ababou, responsable principal de programme à la Fondation Gates, a également souligné que l’expertise technique, bien qu’essentielle, ne suffit pas pour conduire des réformes durables. Selon lui, les responsables publics doivent notamment savoir créer un consensus, gérer les résistances et travailler au-delà des frontières institutionnelles.
Cette approche est au cœur du programme LEAPS.
Rodolphe Bance, responsable de la gouvernance économique et sociale à l’ACBF, a expliqué que le programme associe apprentissage, études de cas, séminaires techniques, évaluations à 360 degrés, coaching et mentorat.
Les témoignages des participants illustrent son application concrète.
Au Kenya, Jacob K. Muimi, responsable des TIC au Secrétariat des réformes de la gestion des finances publiques du Trésor national, a expliqué que LEAPS l’avait amené à placer davantage les utilisateurs au centre de la transformation numérique.
Au Ghana, Dr Birago Antwi-Ajay, de la Ghana Revenue Authority, a insisté sur l’importance du facteur humain dans la mobilisation des recettes intérieures. Au Zimbabwe, le comptable général adjoint Thomson Masvaure a souligné l’importance de la collaboration et de la gestion des parties prenantes.
En Côte d’Ivoire, Chantal Irma Ackah, du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, a mis en avant le leadership participatif, la délégation et la communication stratégique comme leviers de transformation institutionnelle.
Sam Bwaya, coach principal du programme, a pour sa part souligné le rôle du coaching dans la prise de conscience, la responsabilisation et le changement des comportements.
L’ACBF veut désormais élargir cette expérience.
Bakary Diallo, directeur de l’Académie Ubora de l’ACBF, a présenté le nouveau LEAPS Executive Program, une formation en ligne de quatre mois destinée aux responsables actuels et futurs du secteur public africain.
Le nouveau format comprend cinq modules consacrés notamment aux modèles africains de leadership, à l’intelligence émotionnelle, à la gestion d’équipes performantes, à la conduite du changement et à la mobilisation des parties prenantes.
Mohamed Salat Osman, chargé de programme à l’ACBF et modérateur du webinaire, a orienté les échanges vers un enjeu déterminant : transformer les compétences individuelles en capacités institutionnelles.
L’ambition, selon Bance, est de créer une masse critique de dirigeants africains capables de conduire la transformation des institutions au bénéfice des citoyens.























